Ce n’est pas dans mes habitudes, mais par accumulation de petites choses, j’ai l’envie ou le besoin de pousser un coup de gueule.

Pourquoi les « voyageurs » se sentent obligés de donner des leçons?

Ils passent leur temps à vanter les mérites du voyage sur l’ouverture d’esprit, mais il n’y a pas plus étroit d’esprit que celui qui croit avoir tout vu tout fait parce qu’il a passé 3 mois, 2 ans ou même 1 vie un sac sur le dos.
Ce qui compte, ce n’est pas l’endroit où l’on voyage ni même le temps que l’on passe sur la route. Ce qui compte, c’est le regard critique que l’on est capable de porter sur ce qu’on vit et sur soi-même.
Comment se targuer d’être ouvert d’esprit quand on se moque de ceux qui prennent des chemins différents des nôtres?
Bien sûr, ce n’est pas toujours simple de comprendre un point de vue différent du sien. Mais ne pas se moquer publiquement des personnes qui agissent différemment, il me semble que c’est à la portée de tous.

L’ouverture d’esprit qualifie l’attitude d’une personne faisant preuve d’une grande tolérance, manifestant de l’intérêt, de la curiosité et de la compréhension pour les idées qui diffèrent en partie ou totalement des siennes.
(Définition de L’internaute).

Top 3 des remarques (en partie) responsables de cet article:

 

1/ La distinction entre les « voyageurs » et les « touristes ».

Si toi lecteur, tu n’es pas un habitué des blogs voyages, laisse-moi t’expliquer.
Le voyageur, c’est le mec bien. C’est celui qui voyage pour découvrir, qui laisse le hasard le guider et qui sort des sentiers battus, parce que les lieux touristiques, ben… c’est pour les touristes tu vois.
Le touriste, c’est la partie sombre du voyageur. C’est une victime de notre société de consommation. Non seulement il va dans les endroits touristiques comme tout le monde (bouhhh la honte!) mais en plus, il lui arrive de dormir dans des hôtels! Non mais des hôtels quoi!!!

Juste pour rappel: si le couchsurfing favorise les rencontres humaines, dormir dans un hôtel permet aussi de contribuer à l’économie locale. Chaque formule a ses avantages, inutile de taper sur l’une ou l’autre.

2/ La fameuse phrase: « Celui qui ne voyage pas, c’est qu’il ne le VEUT pas. »

J’arrive à comprendre ceux qui sont lassés d’entendre « t’as de la chance de voyager » alors qu’ils ont trimé pendant des mois pour pouvoir s’offrir leur voyage. Mais dans la logique du « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse »: pourquoi taper sur ceux qui n’arrivent pas à trouver les bons compromis entre leurs obligations et leurs envies de voyage?
Des obligations familiales, des soucis de santé, des contraintes financières, un avenir professionnel à préparer…
Oui, certains voyagent avec des enfants.
Oui, j’ai lu ces histoires incroyables de personnes qui parcourent le monde malgré des soucis de santé.
Oui, il existe tout un tas de solutions pour voyager à petit prix ou pour gagner de l’argent en voyageant.
Mais toutes ces « solutions » impliquent des sacrifices, des choix de vie que nous ne sommes pas tous prêts à faire. Encore une fois, c’est une affaire de choix. Il n’y en a pas de bons ni de mauvais.

3/ « Mouai, t’es partie mais t’es restée dans la même ville. Du coup tu ne sais rien du pays. »

« Ouai, mais toi, t’es allé partout et tu t’es posé nulle part. T’es pas plus avancé que moi! »
C’est une remarque qui me touche particulièrement puisque j’ai passé 7 mois en Russie et je n’ai pratiquement pas bougé de Moscou. Sans compter que Moscou est loin d’être le reflet de la Russie. Je cumule!
Sauf que j’y ai travaillé, j’ai vécu le quotidien des Moscovites. J’ai rencontré un tas de personnes aussi. Des expats, des locaux plutôt bien lotis, des locaux moins bien lotis, des amoureux de la ville, d’autres qui ne pensaient qu’à partir…

Alors c’est vrai je ne sais rien de la Russie (et du coup, je n’ai pas le droit à mon badge de la super-baroudeuse-professionnelle), mais j’en sais un peu plus sur Moscou que si j’y étais resté 2 jours.
C’était MON choix.

Entre autres. 

Qu’importe le sujet, je n’ai jamais aimé les extrêmes.
Certains diront que c’est un manque de personnalité ou de convictions. Moi je pense que les avis tranchés sont à manier avec précaution, qu’ils ne laissent que peu de place à l’ouverture d’esprit et qu’il faut être sacrément orgueilleux pour penser détenir la vérité sous prétexte que… que rien en fait.
Il faut être sacrément orgueilleux pour penser détenir la vérité. Point.

Au final je ne méprise aucune forme de voyage, aucun avis sur comment, où, combien de temps ou à quel budget voyager.
Ce qui me fatigue, ce sont les jugements. (Eh l’autre! Elle juge les gens qui font des jugements!)
Partager son expérience c’est avant tout un échange, une occasion d’être utile aux autres, pas un concours du « meilleur voyageur ».

Alors, amis voyageurs (ou touristes d’ailleurs!), avant de vanter votre ouverture d’esprit, vérifiez bien que vous ne l’avez pas oublié dans un avion!